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Le goût de M-#185 Harry Gruyaert, photographe : « Dans la rue, je suis comme un pickpocket, je vole des trucs à gauche, à droite, je photographie des gens sans demander leur permission »
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- Jun 25, 2026
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Summary
Harry Gruyaert, membre de l’agence Magnum depuis 1982, est l’une des stars des Rencontres d’Arles, qui débutent le 6 juillet. Le photographe belge de 84 ans y présente, jusqu’au 4 octobre, « A Sense of Place » , une exposition qui rassemble des images réalisées à travers le monde depuis la fin des années 1960, dans des décors urbains. Sa signature visuelle, extrêmement forte, est marquée par une intensité chromatique inspirée du pop art et par de vibrants morceaux de jazz – genre musical qu’il adore –, dans lesquels l’humain ne semble jamais occuper la première place. Ce coloriste de la photographie, qui a toujours voulu être libre, se définit comme un flâneur, un observateur passionné, un voleur d’instants et d’émotions. Dans ce dernier épisode de la saison 7 du « Goût de M », le photographe nous accueille dans son atelier du 11e arrondissement parisien, une petite pièce en rez-de-chaussée sur rue, remplie d’archives, de classeurs, de livres, d’affiches de ses expositions en cours… et d’un lit de camp. Symbole d’une personnalité hyperactive et voyageuse, que la longue carrière a amené à rencontrer de grandes figures de la photographie dans la seconde moitié du XXᵉ siècle : William Klein, Jeanloup Sieff, Robert Delpire, Henri Cartier-Bresson… Il raconte son enfance près d’Anvers, auprès de parents catholiques très pratiquants : « A la maison, la hiérarchie, c’était Dieu, le pape, mon père. » Ce dernier, qui aimait beaucoup la photo, l’a pourtant dissuadé d’en faire son métier en l’envoyant dans une école de manutention. Rien n’y fait : Harry Gruyaert a commencé à prendre ses premières photos à l’Exposition universelle de 1958 à Bruxelles. Dans cette même ville, il se passionne pour le cinéma de Bergman, de Truffaut et d’Antonioni. Il a récemment regardé un long-métrage…